Mon rapport au corps avant, pendant et après ma grossesse


Tranche de vie / samedi, mars 20th, 2021

Grosse surprise, comme presque toutes les femmes, j’ai un rapport avec mon corps assez compliqué.

Peut être parce que depuis toujours, j’ai l’impression que mon corps représente ma valeur. Ben oui, si on me félicite quand je perds du poids, ça veut dire que si j’en prends, je perds de la valeur. CQFD

Je me rappelle précisément du moment où j’ai commencé à ne plus m’aimer. J’avais 8 ans, c’était pendant la visite médicale de l’école. L’infirmière scolaire m’a dit : « Il va falloir arrêter de manger des gâteaux hein ! ».

Olala oui cette petite fille mérite vraiment qu’on lui dise de faire attention à son poids !

Quand je revois des photos de moi enfant, je ne comprends toujours pas comment cette femme a pu me dire ça. Et quand bien même j’aurais été en surpoids, comment a-t-elle pu penser que cette phrase serait bénéfique ? Pourquoi ne pas en avoir parler avec mes parents ?

Enfance et adolescence

Bizarrement (ou pas), à partir de cette fameuse visite médicale j’ai commencé à prendre du poids. Beaucoup de poids. Comme si il fallait que je donne raison à l’infirmière, figure représentant la santé et l’autorité à mes yeux d’enfant.

Plus je prenais du poids, plus je me détestais. Plus je me détestais, plus je mangeais. C’est à ce moment là de mon existence que j’ai commencé à entretenir un rapport moins sain avec la nourriture.

Parallèlement à tout ça, mon père a fait une dépression. Quelques années plus tard, mes parents ont divorcés et mon frère et ma soeur, plus âgés, ont quitté peu de temps après la maison pour leurs études.

Présenté comme ça, j’ai l’impression que c’est les malheurs de Justine MAIS c’est surtout que toutes ces étapes ont provoqué des bouleversements émotionnels.

Et moi mes émotions, je les mangeais.

Et puis bien sûr, l’adolescence et le collège ne m’ont pas du tout aidé à vivre cette période.

Après des nombreuses discussions avec ma maman, j’ai fini par demander à voir un diététicien à l’âge de 14 ans. Après plusieurs mois à faire le yoyo et à me créer des angoisses avant chaque rendez-vous, nous avons décidé d’arrêter.

La seule note positive de cette expérience a été de m’apprendre réellement ce qu’était une alimentation équilibrée. Même si, à l’époque, je n’appliquais pas nécessairement ces connaissances, au moins je connaissais les bases.

Je vivais seule avec ma maman, infirmière libérale. Ses horaires ne lui permettaient clairement pas de passer des heures en cuisine chaque jour et il arrivait que je me retrouve à manger seule à la maison. Et à faire n’importe quoi.

J’ai détesté le collège et le regard des autres qui me semblaient inévitables à l’époque.

Mes cours de danse, que je prenais depuis l’âge de 3 ans, sont devenus peu à peu des moments de « torture ». Il me fallait affronter les vestiaires, le corps des autres filles et les grands miroirs durant les leçons.

Le lycée et sa bouffée d’air frais

Au lycée, j’ai relié des liens amicaux avec une copine de catéchisme (oui, vraiment) un peu perdu de vue au fil du temps. Peu à peu, elle est devenue (et est toujours) ma meilleure amie.

Elle ne le sait pas mais elle représentait à mes yeux la confiance en elle. Elle ne s’en est certainement même pas rendu compte mais grâce à elle, j’ai appris que j’avais de la valeur. Moi, si renfermée, j’ai commencé à m’ouvrir aux autres par son intermédiaire.

J’ai trouvé que le lycée était aussi plus facile à vivre, mes camarades de classe me semblait plus mature et moins méchant.

En 1ère, et sans vraiment d’effort, j’ai perdu plus de 10 kg.

J’ai commencé à pouvoir me regarder dans un miroir sans éprouver un dégoût instantané.

Ce n’était toujours pas le grand amour mais quel progrès !

Les belles années

Après le lycée et une année de travail, j’ai rencontré de nouvelles amies en BTS. Avec elles, j’ai eu la confirmation que j’étais capable d’être aimable par d’autres personnes que ma famille et ma meilleure amie.

Aimable, pour moi, signifiant être acceptée, fréquentée et appréciée telle que j’étais.

J’ai pris peu à peu confiance en moi. Bien sûr pas une ENORME confiance mais c’était mieux que rien.

Les habits ne me servaient plus nécessairement à me cacher mais aussi à me mettre en valeur.

Les soirées, les rencontres, l’intérêt des garçons ont également contribué à m’aider sur ce parcours.

La mi-vingtaine

J’ai gardé cette mauvais habitude de manger mes émotions mais ma vie ayant pris une tournure stable et heureuse, j’étais moins sujette aux « crises »

Même si je me disais régulièrement que perdre quelques kilos ne me ferait pas de mal, ce n’était plus une obsession, ni un mal être permanent.

Lorsque ma maman est tombée malade et suite à son décès, ce qui devait arriver arriva : je suis retombé dans mes travers.

Il m’est arrivé de faire des crises d’hyperphagie incontrôlables et secrètes durant cette période. Et bien sûr, j’ai pris du poids.

Je me suis ouverte auprès d’un ami sur ce sujet et en en discutant avec lui, puis ensuite avec quelques proches, j’ai réussi à reprendre le dessus.

Enfin, j’ai compensé en me remettant à fumer. Entre la peste ou le choléra, j’ai choisi la solution qui m’évitait de trop grossir.

Ma grossesse

En Juin 2019, j’ai déménagé en Angleterre et j’ai ré-arrêté de fumer. Et je ne suis pas retombée dans l’hyperphagie, ouf.

Quelques mois plus tard, j’ai eu la joie de concrétiser notre projet de grossesse.

Les premiers mois de grossesse, je n’ai presque pas pris de poids. Et vous savez-quoi ? J’étais dégoûtée que l’on ne voit pas mon bump !

4e mois de grossesse

Je me trouvais grosse mais pas « enceinte ».

Aujourd’hui, qu’est-ce que j’aimerai être grosse comme à l’époque haha ! Ecrire cet article me permet également de réaliser à quel point la vision de mon corps est souvent déformé.

Les mois ont passés et plus de doute, on voyait bien que j’attendais un bébé !

6 mois de grossesse

Et puis, au fil des semaines, j’ai commencé à me mettre une idée en tête. Une mauvaise idée. Celle que j’étais trop grosse enceinte. Que j’étais moche. Que j’étais une anomalie. Que les autres femmes n’étaient pas aussi ronde lorsqu’elles attendaient un enfant.

Toute cette idée, elle a été encouragée et entretenue par les commentaires de certains proches me demandant des photos pour ensuite me dire : « Ah oui dis donc quand même ! Tu as un bon ventre hein »

Je sais pertinemment que ces messages n’avaient aucune volonté malveillante mais clairement ils ne m’ont pas aidé.

Les derniers jours de ma grossesse, j’ai un peu retrouvé de l’amour pour ma silhouette. Et surtout, j’étais reconnaissante de ce corps me permettant de porter la vie.

Quelques jours avant mon accouchement

Après la naissance

Une des choses auxquelles je n’étais pas préparée, c’était à ma silhouette post-accouchement : le ventre mou, pendant, la cicatrice de ma césarienne, les vergetures n’ayant plus la beauté que j’avais réussie à leur trouver…

Et puis, mon corps m’avait failli. Il n’a pas réussi à mettre au monde mon bébé. Il a fallu me déclencher et, pire, avoir recours à une césarienne.

Pendant de nombreux mois, il n’est redevenu qu’une source de mécontentement. Il me semblait horrible, défaillant et indésirable. De nouveau, j’étais incapable de me regarder dans un miroir sans dégoût.

En plus de tout ça, le COVID nous bloquant loin de nos proches a complètement brisé mon équilibre.

Et comme toujours, j’ai mangé mes émotions.

Aujourd’hui

En Janvier, je me suis remise au sport sérieusement. Je fais donc 4 séances par semaine (entre 5 et 20 minutes) ainsi qu’une heure de yoga.

Tout ça sans objectif de perte de poids mais avec une volonté de me détendre, de relâcher la pression et d’évacuer mes émotions.

Et depuis quelques temps, j’ai envie de reprendre une alimentation plus équilibrée et en quantité raisonnable.

Sans pression, avec lenvie de faire la paix avec mon corps et de retrouver au fil du temps une silhouette qui me conviendra à MOI et non pas aux autres, à la société ou à je ne sais qui.

Pour conclure

Aujourd’hui, j’aimerai prendre dans mes bras la petite Moi de 8 ans. Celle qui est meurtrie par les mots d’une adulte ne réalisant sans doute pas qu’elle vient de briser quelque chose pour toujours chez cette petite fille.

J’aimerai lui dire que la vie, ce n’est pas seulement avoir un corps ressemblant à des idéaux de magasine. Que son corps, il va lui permettre de vivre de superbes aventures, de rencontrer des personnes formidables, de se relever des épreuves les plus dures et de porter la vie.

Pour conclure, je pense qu’il faut absolument ARRETER de faire des commentaires non-sollicités aux gens sur leur physique.

Et ce conseil, je me le donne aussi à moi car je suis loin d’être exemplaire dans le domaine !

Aujourd’hui, et pour le futur, j’ai envie d’être en paix et de me regarder avec amour dans le miroir. Je sais que la route va être longue mais je suis persuadée qu’elle en vaut le coût. Et puis merde, j’ai un tatouage Self Love Club, il serait temps que je m’en rappelle !

Présentement sur l’autoroute du Self Love

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A très vite,

Justine

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