Mes 10 pires clients !


Tranche de vie / jeudi, novembre 19th, 2020

Dans ma vie d’avant, j’étais vendeuse dans un magasin de livres. Pendant cinq ans, j’ai vu passer du monde. Si la majeure partie du temps, j’adorais mon travail et le contact avec la clientèle, il faut bien admettre que j’ai vu aussi passer quelques cas… Alors voici le top 10 des pires clients que j’ai connu! 

Disclaimer : Certains sont dans cette liste plus pour l’anecdote que parce qu’ils étaient vraiment mes « pires » clients.

10-Le négociateur

Vous l’avez peut être remarqué dans l’introduction, j’ai écris « magasin de livres » et non librairie. En effet, je travaillais dans une chaîne de destockage. Nous vendions les invendus des librairies à 50% du prix de départ en moyenne. Ce client était arrivé avec deux livres identiques en main et un sourire complice. 

Prix unitaire de ces livres ? 2,50 euros.

Il avait engagé la conversation sur un ton badin puis, soudain, s’était penché sur le comptoir. Il m’avait alors demandé, sur le ton de la confidence : « – Si je vous en prends deux, vous me les faites pour 3 euros ? »

Je lui avais donc expliqué que non, que nous perdrions de l’argent. Vexé, il m’avait répondu que nous perdions une vente.

Si tu as Vinted, tu as certainement droit à un négociateur de temps en temps. 

9-Le pestilentiel 

Chaque mardi et vendredi, à 11H tapante, arrivait Mr B. Très poli, agréable et bon client, il repartait à chaque fois avec un livre. Il restait toujours une petite heure. Il en profitait pour regarder toutes nos nouveautés et les feuilleter. Il aimait bien papoter quelques minutes en caisse. 

Mais quel était le problème alors ? Et bien, vous l’avez vu en titre : son odeur.

Honnêtement, je n’ai jamais rien senti de tel.

A chaque fois qu’il arrivait, nous ouvrions en grand les portes de la boutique pour espérer sentir un peu d’air frais, été comme hiver. 

Le pire était certainement les commentaires des autres clients arrivant dans la boutique, du type : « Mais quelle horreur cette odeur ! ». Certains allant même jusqu’à ressortir au bout de quelques minutes.

De mon côté, j’ai appris l’apnée lors de ses visites.

8-La personne qui aime à partager ses opinions sur tout et n’importe quoi

Lorsque on travaille dans le commerce, il y a de grande chance de rencontrer des personnes qui ont besoin de te raconter leur vie. En général, ce n’est pas désagréable et parfois même, très intéressant. 

Et d’autres fois…et bien on aimerait mieux être partout ailleurs qu’à notre place!

Une habituée adorait venir se plaindre de tout et n’importe quoi : les hommes, les impôts, son fils, Monoprix… 

La seule chose qui trouvait grâce à ses yeux c’était les animaux. A tel point qu’elle m’a un jour dit : « Soyons honnêtes, les zoophiles c’est bien pire que les pédophiles ! »

Encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas comment j’aurai dû réagir à cette déclaration.

7-L’impolie 

Elle était entrée dans le magasin sans répondre à mon bonjour. Rien de très grave, c’était monnaie courante. Il se peut aussi que le client n’ai pas entendu la salutation ou que, tout simplement, ce ne soit pas dans ses habitudes.

Tout en déambulant dans les rayons, elle feuilletait les livres et ne les remettait pas à leur place. Bon, pourquoi pas. Et puis, elle en a fait tomber avec son sac. Elle les a regardés et a continué son chemin. Ça commençait à être un peu agaçant.

Enfin, la pépite sur le gâteau (encore mieux que la cerise.) est arrivée ! Soudainement, elle s’est mise à hurler sur une petite fille qui était dans une allée et qui n’avait rien demandé à personne. Je n’ai pas eu le temps d’intervenir puisque la maman s’en était déjà chargé. La dame est ensuite passé en caisse en essayant de me prendre à parti et, voyant que ça ne marchait pas, elle est partie en bougonnant.

Foi en l’humanité : -0,5 points.

6-Le date 

Avant de rencontrer mon cher et tendre, j’étais sur une application de rencontre. Je discutais avec un jeune homme depuis quelques jours et nous en étions venu à parler de nos emplois respectifs. Naïvement, je lui avais donné le nom du magasin où je travaillais.

Quelle ne fût pas ma surprise de le voir débarquer, le lendemain de cet échange, sans s’annoncer. Il est resté une heure à me suivre et discuter alors que j’étais au TRAVAIL. Je vous laisse deviner pourquoi il n’est pas devenu le père de ma progéniture…

Bon ok, techniquement ce n’était pas un client, mais je me devais de raconter cette anecdote.

5-Le féministe (lol)

Ce matin là, il y avait eu une semi-éclipse visible aux alentours de 6h du matin (promis, c’est important pour la suite de l’histoire!).

Peu avant la fermeture de la boutique, alors qu’un client était présent, j’avais décroché à un appel de mon patron. Après avoir discuté d’informations relatives à la journée passée, il m’avait demandé si j’avais vu l’éclipse. Sur le ton de la plaisanterie, je lui avais répondu que c’était bien trop tôt et que j’avais préféré faire une grasse matinée.

Le client était passé en caisse après que j’eu raccroché et m’avait lancé : « Vous ne devriez pas dire à votre chef que vous dormez le matin ! »

Devant mon air interrogateur, il avait enchaîné : « Surtout que vous êtes facilement remplaçable, vous êtes une femme.»

J’en étais restée comme deux ronds de flan.

4-Le photographe

Ce client là était, comme indiqué dans le titre, photographe. Il n’achetait que des livres en rapport avec son art et aimait bien discuter quelques minutes en caisse.

Un jour, il m’acheta un livre sur les phares en me disant que c’était son nouveau projet photo. Je lui avais répondu que j’avais visité ceux de Belle-Ile-en-Mer, où vit mon frère, et qu’ils étaient très beaux. Il me remercia et s’en alla.

Quelques semaines plus tard, il était revenu et m’avait gratifié d’un « Bonjour Justine ! ». Devant mon air surpris, il m’avait dit c’était ma collègue qui lui avait donné mon prénom (j’ai ensuite appris qu’il avait été très fin dans la manière de s’y prendre). Il avait ensuite enchaîné : « J’ai réfléchi à ce que vous m’avez dit et j’aimerai vous emmenez avec moi en Bretagne pour que vous me montriez ces fameux phares! » Il était sérieux.

J’avais décliné mais il continuait à venir me parler de son projet (trop) régulièrement. Il devenait de plus en plus insistant jusqu’au jour où il m’avait annoncé qu’il avait rencontré une femme qui allait l’accompagner.

Merci à elle !

3-Les voleurs

Par une après-midi d’été, nous étions en train de passer une commande avec ma collègue lorsqu’un couple et un enfant sont entré dans la boutique, vide jusque là.

Je suis allé  les voir pour leur proposer mon aide et leur dire de ne pas hésiter à nous demander conseil si besoin. Je suis ensuite retournée à notre commande. Quelques minutes plus tard, j’ai entendu le bruit typique de notre porte de réserve qui s’ouvrait. Elle grinçait…et ne fermait pas à clé.

J’avais pris la direction du fond du magasin afin de voir ce qu’il se passait. La mère de famille m’avait alors interpellé pour me demander le prix d’un livre. Je lui avais montré l’étiquette mais elle insistait. Une fois, deux fois, trois fois… A la quatrième, je m’étais un peu agacée, comprenant qu’elle essayait de me retenir. Après lui avoir montré une dernière fois, j’avais foncé jusqu’à la réserve. Je n’y avais rien trouvé d’anormal.

En retournant dans la boutique, j’avais aperçu la famille qui s’en allait. On avait discuté quelques minutes de l’étrangeté de la situation avec ma collègue.

Par je ne sais quel miracle, j’ai eu envie de faire pipi à ce moment-là. Miracle car en retournant dans la réserve, j’ai vu un petit détail qui m’avait échappé lors de mon précédent passage… Mon sac à main était posé au pied de la porte, côté magasin.

Je l’avais récupéré et étais retournée au comptoir, bouche bée.

Pile à ce moment, la famille était revenue, la mère et le père venant au comptoir avec un livre pendant que le petit filait au fond du magasin…

Dommage pour eux, heureusement pour moi, j’avais récupéré mon sac pile à temps. 

2-Le What the fuck ?

Je commençais ma journée de travail en début d’après-midi. La boutique était bondée et j’allais de client en client. J’avais bien remarqué que l’un d’eux m’observait mais ce sont des choses qui arrivaient. Il m’avait demander un conseil sur un livre puis il avait quitté la boutique. Quelques heures après, je l’avais vu revenir et filé droit vers moi pour me demander un papier et un crayon.

J’étais allé lui chercher ça, naïvement, au comptoir et il s’était mis à écrire très vite. Il m’avait ensuite tendu le papier tout en me disant : « Vous l’ouvrirez plus tard ! C’est pas grave, c’est pas grave! » puis il s’était éclipsé.

Sur le papier se trouvait son numéro de téléphone.

N’ayant pas donné suite, l’histoire aurait pu s’arrêter là.

Quelques semaines plus tard, j’avais reçu un message de mes collègues d’une autre ville me disant: « Et ben dis donc, vos clients vous laissent de sacrés avis sur Google ».

Curieuse, j’étais aller voir…

Voilà, voilà.

1-Le pervers

Le meilleur (enfin pour le coup, le pire) pour la fin !

C’était une journée où je travaillais seule. Un homme était entré vers 10h30 dans la boutique et n’avait pas arrêté de me fixer. J’étais allé lui proposer mon aide, qu’il avait décliné, avant de rester près d’une heure dans la boutique à continuer à me fixer. Puis il avait fini par partir ce qui m’avait beaucoup soulagée.

Vers midi, il était revenu et avait recommencé son manège. Il commençait vraiment à m’effrayer.

Vers 13h30, rebelote.

A ce moment là, j’étais en train de manger derrière mon comptoir, comme à chaque fois que je travaillais seule. J’étais en jupe et collant, assise de 3/4, ne pouvant faire autrement, les jambes tournées vers un rayon du magasin.

Bien sûr, il était venu se mettre dans ce rayon.

Faisant sembler de s’intéresser à un livre, je l’avais entendu murmurer : « Ecartez les cuisses s’il vous plaît ». 

Mon sang s’était glacé, mes mains tremblaient et j’avais fait semblant de ne pas entendre. Miraculeusement, une dame était venue en caisse à ce moment là et il avait quitté les lieux.

Paniquée, j’étais aller prévenir mes voisins commerçants. Ils m’avaient rassurée et promis de garder l’oeil ouvert.

Il était revenu trois fois encore cette après-midi là et il me suivait dans la boutique, toujours en gardant une petite distance.

Ma mère, que j’avais prévenue, avait fini par m’appeler et j’étais sortie de la boutique pour lui répondre. Je lui expliquais qu’il était là en ce moment même. Lorsque je m’étais retournée, il était juste derrière la vitrine à me fixer. Puis il était parti. J’ai toujours pensé qu’il avait cru que j’appelais la police.

Je ne sais toujours pas comment j’aurai du agir ou réagir, mais j’avais ensuite une petite bombe lacrymogène avec moi, juste au cas où.

Voilà, c’est la fin de cette story time ! J’avais initialement prévu de la publier pour Halloween mais j’ai pris du retard.

Et vous, quelles sont les pires expériences que vous ayez eu dans vos jobs ? 

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