Jours 4, 5 et 6


Angleterre / mercredi, juin 26th, 2019

Le week-end est arrivé, apportant avec lui le soleil et le temps libre de J. Nous en avons profité pour déambuler dans les rues de la ville, me permettant ainsi de la découvrir un peu plus. Nous voulions également célébrer mes premiers jours ici autour d’un verre. 

Alors que les pas de mon cher et tendre nous entraînais vers une église, je me suis demandé si Dieu avait donné la foi, ou un petit je ne sais quoi, à cet homme plus qu’athée. Peut être souhaitait-il prier avant de se désaltérer… Chacun son truc, je ne juge pas ! Je pris une attitude digne, ne posant aucune question avant d’entrer dans l’édifice. 

Une fois, les portes franchies je compris tout de suite ce qui avait amené J ici. Peut être avais-je moi même découvert le paradis. Au centre de la nef se tenait un bar, entourés de chaises et de tables. Une musique des années 2000 retentissait à mes oreilles. Vitraux, sol de pierre, tentures contres les hauts-murs : toute la beauté du lieu a été conservée.

Une fois remise de ma surprise, j’ai pu déguster un cidre. Une révélation pour mon palais. Plus sucré que la bière, moins que nos cidres français, c’est la boisson idéale pour se rafraîchir.

Le matin suivant, réveil aux aurores. Il faut dire qu’aucun volet n’est apparu à ma fenêtre depuis la veille. Qu’a cela ne tienne (expression du XVIIe siècle, bonjour ! (Je te jure, j’ai vérifié, ça date vraiment du XVIIe)), nous avions prévu de prendre le petit-déjeuner en compagnie de français. 

Pas bruncher, pas déjeuner, mais bien petit-déjeuner. 

J’adorais faire ça avec une amie. Nous nous retrouvions avant de débuter notre journée de travail autour d’un thé, de pain frais croustillant, de beurre et de confiture. Partager ce premier geste de la journée, ça relève presque de l’intime à mes yeux. C’est un moment que j’apprécie passer entourée de gens que j’aime. 

Mais je reste un animal social, esseulé dans une contrée lointaine, alors hors de question de passer à côté d’opportunités de rencontre.Et puis, nous avions rendez-vous à 10h30 alors peut-on vraiment parler de petit-déjeuner ? Suite à l’hyperventilation qui s’est emparée de moi à l’idée de passer ce moment sacré avec des inconnus, j’ai déclaré que non. 

Les rayons du soleil donnaient à cette matinée de vraies allures d’été. Nous avons retrouvés trois de nos compatriotes sur la grande place. J avait fait leur connaissance quelques semaines auparavant. Je ne remercierai jamais assez l’invention des réseaux sociaux, permettant de créer un espace où, par exemple, des francophones vivant dans une même ville peuvent échanger, se rencontrer, s’aider. C’était vraiment agréable de rencontrer des personnes expérimentant la même chose que moi, d’écouter leurs conseils et d’être rassurée. 

Le soir, nous avons été conviés par T, une jeune chercheuse, à venir passer la soirée chez elle. Nous avons, pour nous y rendre, emprunté un chemin qui m’a ravi : longer le parc du château, apercevoir le canal et rêver devant les maisons en brique. Quelle ne fût pas ma joie de découvrir que c’était justement dans l’une d’elles que vivait T. J’allais enfin découvrir l’envers du décor d’une ces demeures. C’était comme je l’imaginais. De l’espace, des étages, des fenêtres comme j’en rêve (tu sais, celles en trois parties) et un jardin. Après une sympathique soirée, j’ai passé le chemin du retour à insinuer qu’il nous fallait vraiment un nid douillet comme celui-ci lorsque le bail de notre appartement arriverait à son terme. Très subtilement bien sûr.

Dimanche, nous avons suivi le canal afin de nous rendre au supermarché. J’étais presque aussi enthousiaste que si j’allais à Disneyland. Sous l’oeil mi-amusé, mi-désespéré de J, j’ai traversé chaque rayon en m’extasiant devant les produits et les marques que je ne connaissais pas. Par pur souci d’intégration, j’ai ajouté dans notre caddie quelques produits locaux. Chocolat au lait inconnu et beurre de cacahuète ont donc rejoint nos placards. 

C’était les plus belles courses de ma vie. 

2 réponses à « Jours 4, 5 et 6 »

  1. Bonsoir Justine,
    Je me souviens avoir eu la chance, dans ton ancienne vie en France, d’avoir partagé ce moment du petit dejeuner, et j’avais trouvé ce moment très intime. Juste nous trois, encore un peu endormies et en même temps bien présentes.
    J’ai le sentiment que ces premiers jours sont dignes d’un conte de fées rêvés, attendus et qui sont, à present, bien ancrés dans la réalité. J’ai adoré le passage de la petite maison en brique. C’est tellement romantique !!
    Amuses toi bien et fais nous encore rêver avec tes nouvelles aventures…

    1. Bonjour Joséphine,
      En effet, je garde un très bon souvenir de ce moment là !
      Je prends mes marques petit à petit dans ce nouveau pays…
      J’espère que tout va bien pour toi.
      Bises

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