Jours 16 et 17


Angleterre / vendredi, juillet 5th, 2019

Le chant répétitif des machines résonne dans ma tête. De l’aube au crépuscule elles avancent, reculent, martèlent, klaxonnent, roulent, grincent. Elles ne font même pas une pause repas ! Ce désagrément est certainement accentué par ma présence quasi permanente chez moi.  Si je les entendais moins, peut être les supporterais-je plus. 

C’est avec un regard désabusé que, chaque soir, j’observe l’avancée des travaux. J’ai l’impression que ça n’avance jamais d’un pouce. 

Bien sûr, il n’y a pas que les engins de chantier qui font du bruit. Les employés aussi. Et vas-y que ça s’hurle dessus, que ça s’interpelle à dix kilomètres les uns des autres et j’en passe. 

J’ai rédigé un mail à l’attention de l’entreprise gérant les travaux, les sommant de s’équiper de machines silencieuses et d’engager des muets. Je reste sans nouvelles d’eux à ce jour.

J’ai donc décidé de prendre le taureau par les cornes.

Comme tu le sais, j’adore pâtisser. Si je le pouvais, chaque jour qui passe donnerait lieu à un nouvel essai de recette ou à une nouvelle création.  Mais je n’aime pas gâcher et si je donnais libre court à mon envie, nous croulerions sous les gâteaux et les biscuits. Nous ne pourrions en venir à bout à deux sans que cela finisse avec du diabète ou une crise de foie. 

Mon plan consisterait à joindre l’utile à l’agréable en créant des gâteaux dans lesquels je placerais des somnifères. Je les offrirais ensuite aux courageux travailleurs. Je ferais d’une pierre trois coups : pâtisser, les endormir et ne pas faire exploser mon compte de point Weight Watcher !

Oh mon dieu, c’est une idée formidable !

Est-ce que l’on peut finir en prison pour obstruction à la construction d’une université ? 

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