Jours 11, 12 et 13


Angleterre / mardi, juillet 2nd, 2019

J’adore manger. Vraiment. J est même obligé de cadenasser les placards et de garder la clé suspendue autour de son cou lorsqu’il part travailler.  Roh, ça va je rigole. Il laisse la clé caché quelque part dans l’appartement. 

Pourquoi est-ce que je partage avec toi ce trait de ma personnalité ? Et bien, parce qu’ici, ô rage, ô désespoir, il n’y a pas de buffet asiatique à volonté ! Comment allions-nous survivre sans, alors que nous adorions y aller en France ? Nous avions commencé notre travail de deuil lorsque, vendredi soir, deux françaises vraiment chouettes (T et MC), nous ont proposé d’aller manger dans un restaurant vietnamien : le Coco Tang. 

J’avais déjà donné un bon point d’office à cet endroit, rien que pour son nom. En passant le pas de la porte, j’ai été plongée à la fois dans une jungle et dans un lieu moderne. Et pour ce qui est de la nourriture : Mamma Mia ! Enfin « Mẹ tôi ! » en vietnamien.  Pas de buffet ici mais tout était si bon, si parfumé, si équilibré en bouche que j’ai officiellement déclaré qu’il s’agissait de mon restaurant préféré ici ! Bon, je te l’accorde, il n’a eu aucun concurrent pour le moment. Mais quand même.

Nous avons ensuite été dans un bar afin de voir la fin du match qui a vu les françaises se faire éliminer de la coupe du monde. Peu après, la musique a augmenté et il est devenu impossible de discuter. J’ai laissé mes yeux parcourir la salle qui ressemblait soudain à une discothèque à l’heure d’ouverture : des gens qui buvaient en petit groupe, trois personnes sur la piste de danse et le reste qui regardait, n’osant pas encore se joindre aux valeureux premiers danseurs. T et MC m’ont proposé de descendre voir au niveau inférieur. Là, de longues rangées de tables et de bancs remplissaient la pièce. Pas un seul espace n’était libre. Sur chaque banc se tenait une personne, tenant par les épaules son voisin, et chantant à tue tête ce qui devait être l’équivalent de nos lacs du Connemara. 

Deux salles, deux ambiances.

Il était temps de changer de bar et je me suis laissé guider dans la nuit. Dans la rue, j’ai pu constater qu’ici les gens sont très festifs et boivent beaucoup. Ce n’est pas une légende.  Un homme s’est adressé à MC et moi : « pussy hole ! ». Les hommes sont vraiment une valeur sûre dans le monde entier et ça, ça fait plaisir !

Le lieu suivant était plus rock. Des photos de stars anglaises s’étalaient sur les murs et les Beatles m’adressaient leurs plus beaux sourires à l’autre bout de la salle pendant que nous nous installions. Quelques temps après, peut être avec l’aide de quelques verres, cet endroit qui m’avait paru calme s’est transformé. Tout le monde dansait et chantait sur les tables, sur les bancs et sur la piste. 

Je me suis éclipsée dehors avec T, à la recherche de cigarette. Si c’est en soirée, ça ne compte pas comme du tabagisme c’est bien connu.  J’ai eu l’impression d’être de retour des années en arrière lorsque, étudiante, je parlais à des étrangers devant les bars. Sauf que cette fois-ci, c’était moi l’étrangère.  J’ai pu constater que mon anglais s’améliore toujours autant lorsque j’ai bu. C’est magique. Ou alors l’alcool m’aide à oser ce que je n’ose pas en tant normal. Je penche plutôt pour la magie.

Dimanche, afin de profiter de la chaleur, nous sommes aller flâner dans la ville. Tous les magasins étaient ouverts et la ville fourmillait de passants. Nous avons marché jusqu’à un parc proche de l’université et après avoir admirer les canards barbotants, nous avons pu profiter d’un orchestre jouant sous un kiosque. Le chemin du retour nous a fait passer près d’un immeuble contenant une fête foraine permanente. Pas de manège, ni de défilé ici mais des jeux d’arcade, des pinces à peluches et des machines à sous !

J’ai replongé dans le passé, lorsque ma soeur m’emmenait avec elle jouer des heures quand les forains s’installaient dans notre ville. Nous y avons passé tellement de temps qu’ils nous envoyaient chaque année une carte de 100 jetons offerts.

Le bonheur. 

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