Jour 22


Angleterre / jeudi, juillet 11th, 2019

Le jour redouté était arrivé. Celui qui me donnait des palpitations, des sueurs, mal au ventre et envie de pleurer rien qu’en y pensant… Le jour de mon premier entretien d’embauche en anglais !

Tu vas finir par penser que je suis une personne angoissée alors que je t’assure que je suis d’habitude quelqu’un de serein ! J’entends déjà ma soeur rire en lisant ces mots mais c’est comme ça que je me perçois. 

J’avais rendez-vous chez une famille pour un job de Nanny. 

Une part de moi me répétait que ce n’était pas raisonnable d’aller chez des personnes que je ne connaissais pas, rencontrées sur un site internet. Ça aurait pu être un pervers psychopathe prêt à m’enfermer dans sa cave pour me torturer.  

Je ne suis pas quelqu’un d’angoissé je te dis ! Je sors juste beaucoup de ma zone de confort en ce moment, cela rend mon imagination quelque peu fertile c’est tout.

Mais après avoir écouté les chansons de Mulan toute la journée précédente, je me suis dit que si elle était parti se battre contre Shan-Yu, je pouvais bien tout affronter moi aussi.

Les heures ont défilées comme des voitures (tu as la ref ?) jusqu’à ce qu’il soit temps de me mettre en route. Consciencieuse, j’avais étudié à l’avance le trajet et j’avais même acheté mon ticket de bus via l’application de transport de la ville. 

J’ai attrapé mon parapluie, mon sac à main et je me suis mise en route. Suivant les indications du gps, je suis arrivée à l’arrêt de bus et je me suis plantée la, attendant mon carrosse. 

Lorsque celui-ci est arrivé, je suis monté confiante et j’ai tendu mon téléphone au conducteur afin de lui montrer mon ticket électronique.  J’ai tout de suite compris au regard qu’il m’a lancé que quelque chose clochait. Il m’a dit qu’il ne prenait pas ce genre de ticket et m’a demandé où je souhaitais me rendre. La panique s’est peu à peu emparée de moi alors que j’essayais de lui montrer ma destination sur mon portable. Ce dernier a bien sûr choisi ce moment précis pour freezé.  L’homme était charmant mais m’a fait comprendre qu’il devrait reprendre la route alors je suis descendue, penaude

Un mélange de désespoir et de colère s’est abattu sur moi. Je ne comprenais plus rien et je n’arrivais pas à réfléchir calmement. C’est comme si un brouillard flottait dans mon esprit, m’empêchant d’être rationnelle.  

A cet instant précis, j’étais à deux doigts de tout lâcher, prendre mes affaires et rentrer en France. A quoi cela me servait-il de rester si je n’étais même pas capable de me rendre d’un point A à un point B ?

Plus aucune rationalité comme je te le disais.

Et puis, je me suis mise à penser : « Que vont penser les gens de moi si je leur raconte que je n’ai pas réussi à me rendre à mon entretien ? ». C’est un peu triste mais c’est la potentielle déception de mes proches qui a réussi à me faire reprendre mes esprits. 

Je suis retourné sur l’application et j’ai vu que je pouvais planifier un trajet. J’ai rentré la destination et je me suis précipitée à l’arrêt situé à cinq minutes de là. Un bus est arrivé peu après et cette fois-ci, le conducteur a juste hoché la tête en voyant mon téléphone timidement tendu. 

Pendant le trajet, j’ai compris qu’il y avait les transports géré par la ville et puis les autres. Mon ticket n’était valable que pour les premiers et c’est pour cela que je n’avais pas pu monter dans le premier bus. 

Cette bouffée de panique m’a donné chaud et je me sentais transpirée à grosse goutte alors que la pluie tombait dehors. J’allais vraiment donner une bonne première impression à la famille en arrivant si peu à mon avantage !

Je fixais l’heure qui défilait, priant pour arriver à temps. N’ayant communiquer avec la mère de famille que via le site, je n’avais même pas un numéro pour prévenir d’un éventuel retard. 

Ce trajet m’a permis de découvrir une nouvelle partie de la ville, d’apercevoir le terrain de cricket et celui de foot, puis, à mesure que nous nous éloignons du centre, d’entrer dans les quartiers plus chics. 

Les anglais étaient tous très polis, remerciant le conducteur du bus en descendant à leurs arrêts. Je me suis fait la réflexion que nous (= les français) étions peut être désagréable si un simple « merci, au revoir » me surprenait. 

Je suis descendue dans un quartier résidentiel me rappelant Privet Drive et j’ai poursuivi ma route jusqu’à la maison au coin de la rue.

Après avoir soufflé un bon coup, j’ai sonné. Les aboiements d’un chien ont retenti et j’ai aperçu un petit visage me fixer à travers la fenêtre. La maman m’a accueillie, j’ai dit bonjour aux enfants et nous nous sommes installés pour discuter. 

J’ai été ravie de saisir presque tout et de tenir une conversation en anglais. Bien sûr, certains mots échappaient à ma compréhension mais je comprenais toujours le sens général de la phrase. Et je réussissais à me faire comprendre même si je suis sûre que parfois mes phrases ne devaient pas avoir beaucoup de sens.

J’ai remarqué que l’essentiel était de ne surtout pas bloquer sur un mot inconnu pour ne pas perdre le fil du discours.

Après avoir fait le tour de ce que nous souhaitions aborder, je suis repartie, contente de moi.

J’espère être prise mais je sais que je n’aurais pas pu faire mieux.

Le retour m’a paru bien plus simple que l’aller, j’étais déchargée d’un poids qui pesait sur mes épaules depuis le matin. Le bus est arrivé à mon arrêt. 

« Thank you, bye »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *