Jour 10


Angleterre / vendredi, juin 28th, 2019

Sur notre groupe de conversation familiale, je voyais les messages défilés. La différence de température était l’un de nos sujets récurrents du moment. Je n’arrivais pas à concevoir qu’en France il fasse plus de 30 degrés alors qu’ici, je sortais en manteau et je m’emmitouflais dans ma couette pour dormir. Tu vas croire que j’ai déménagé au Pôle Nord mais ici, la température n’a pas décollé ces derniers jours. Même hier, lorsque les nuages se sont enfin dispersés, la température tournait autour de 16-18 degrés. Crois surtout pas que je m’en plaigne ! Je préfère ça à la canicule. La nostalgie de mon ancien appartement m’abandonne lorsque je pense à la fournaise dans laquelle je cuirais si j’y vivais encore.

J’ai profité de cette météo pour aller courir avec J, pour la deuxième fois cette semaine. Je me demande combien de temps je vais avoir de la motivation cette fois-ci. Allez viens, on lance les paris ! Deux semaines ? Trois ?

Deux jours plus tôt j’étais partie (une première dans ma carrière sportive) sans téléphone, ni musique pour me booster. C’était agréable de se laisser porter simplement par l’envie d’avancer. Je n’avais aucun repère temporel et je n’en suis pas revenu lorsque j’ai réalisé que j’avais tenu cinquante cinq minutes. Un record pour moi !

Le surlendemain, mon corps se demandait encore ce que je lui avais fait subir. Ma jambe gauche me faisait grimacer à chaque pas mais j’étais déterminée à retourner gambader le long du canal. Toujours sans téléphone. 

Tout s’est bien passé jusqu’à ce que je me demande où diable pouvait être J. Courant plus vite que moi, il avait fait marche arrière la première fois pour revenir à ma rencontre et que l’on rentre ensemble jusqu’à chez nous. Après avoir longé le canal sur ce qui m’a semblé être des kilomètres en plus que l’avant-veille, je me suis décidée à faire demi-tour pensant qu’il finirait bien par me rattraper. 

Presque arrivée devant notre appartement, toujours seule, j’ai commencé à paniquer. Je n’avais pas de téléphone pour le joindre, ni les clés pour rentrer chez nous, J s’étant proposé pour les mettre dans sa poche. 

Je me voyais déjà aller dans le bar le plus proche, suant par tous les pores et sentant divinement bon, expliquer que mon boyfriend was perdu and that I need de l’aide. 

Et puis je l’ai aperçu arrivant au loin, mettant fin à mes délires. 

Lucky me.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *